D dimere prise de sang : le taux élevé, que faire ?

Sommaire

D-dimères en pratique

  • D-dimère sensible : test très sensible qui permet d’exclure une thrombose si la probabilité clinique est souvent faible.
  • Résultats non spécifiques en cas d’infection, chirurgie, grossesse ou cancer, engendrent des faux positifs très fréquents nécessitant une interprétation contextualisée.
  • Stratégie combinée : évaluer la probabilité clinique avec un score et programmer une imagerie si la probabilité est modérée ou élevée.

La scène est banale pour beaucoup : un malaise thoracique, un essoufflement soudain ou une douleur de la jambe, et l’inquiétude monte. Dans ces situations, un prélèvement sanguin mesurant les D-dimères est souvent demandé. Ce test n’est pas un diagnostic définitif, mais un outil précieux pour orienter la décision clinique. Il sert surtout à exclure la présence d’une thrombose veineuse profonde (TVP) ou d’une embolie pulmonaire (EP) lorsque la probabilité clinique est faible ou intermédiaire.

Qu’est-ce que le D-dimère et quel est son intérêt ?

Le D-dimère est un fragment de dégradation de la fibrine, produit lorsque l’organisme dissout un caillot. Sa présence en quantité augmentée signale qu’un processus de coagulation et de fibrinolyse est en cours. Le test a une haute sensibilité pour la détection d’une maladie thromboembolique veineuse (MTEV) : un résultat négatif permet généralement d’exclure une TVP ou une EP si la probabilité clinique est basse. En revanche, la spécificité est faible : de nombreuses autres situations peuvent augmenter les D-dimères, ce qui entraîne des faux positifs fréquents.

Principes diagnostiques

La stratégie diagnostique combine toujours l’évaluation clinique (scores comme Wells ou score de Genève révisé) et le dosage des D-dimères. Si la probabilité clinique est faible et que le D-dimère est sous le seuil adapté, l’irradiation liée à l’imagerie et les explorations invasives peuvent être évitées. Si la probabilité est élevée, une imagerie est nécessaire quel que soit le résultat du D-dimère.

Causes fréquentes d’élévation des D-dimères

Cause Exemple clinique Conséquence pratique
Thrombose (TVP, EP) Douleur et gonflement de la jambe, dyspnée aiguë Élévation souvent marquée → imagerie indiquée selon contexte
Infection ou inflammation Pneumonie, sepsis, infection virale Élévation non spécifique → corréler cliniquement
Chirurgie, traumatisme récent Post-opératoire, fractures Niveaux élevés attendus, moindre valeur diagnostique
Âge avancé Sujets > 50 ans Seuils ajustés recommandés pour réduire les faux positifs
Grossesse Toute période de gestation Valeurs élevées physiologiques, interprétation difficile
Cancer actif Patients oncologiques Élévation fréquente → bilan spécifique si suspicion de MTEV

Modalités pratiques du prélèvement

Le prélèvement se fait sur tube citraté par une prise de sang standard. Il n’est pas nécessaire d’être à jeun. Informez le personnel si vous êtes sous anticoagulant, si vous êtes enceinte, ou si vous avez eu une chirurgie récente : ces éléments influencent l’interprétation. Le délai pour obtenir le résultat varie selon le laboratoire, de quelques dizaines de minutes en urgence à plusieurs heures en contexte ambulatoire.

Seuils et interprétation

Le seuil de référence le plus couramment utilisé chez l’adulte est 500 µg/L de fibrinogène équivalent d’unité (FEU). Pour les patients plus âgés, l’utilisation d’un seuil ajusté à l’âge (âge × 10 µg/L au-delà de 50 ans) améliore la spécificité et réduit le nombre d’imageries inutiles sans augmenter le risque manqué de MTEL’interprétation doit intégrer un score clinique : par exemple, en présence d’une probabilité clinique basse et d’un D-dimère inférieur au seuil adapté, la MTEV est très peu probable. Si le D-dimère est élevé, ou si la probabilité clinique est modérée ou élevée, une imagerie complémentaire est nécessaire (échographie Doppler des membres inférieurs pour TVP, angioscanner thoracique pour EP).

Que faire en cas de D-dimères élevé ?

Un résultat élevé n’implique pas automatiquement la mise sous anticoagulant. La conduite à tenir dépend du contexte clinique :

  • Si signes vitaux instables (hypotension, syncope, hémoptysie, détresse respiratoire) : orientation immédiate vers les urgences et imagerie en urgence ; l’EP grave peut être mortelle et nécessite une prise en charge rapide.
  • Si symptômes compatibles mais stables : imagerie programmée rapidement (échographie Doppler dans les 24 heures pour une TVP suspectée ; angioscanner thoracique si suspicion d’EP).
  • Si contexte favorisant l’élévation (infection, chirurgie, cancer, grossesse) : discuter avec le médecin pour décider du bilan complémentaire et éviter les examens inutiles.

Cas particuliers

Grossesse : les D-dimères augmentent physiologiquement, l’interprétation est délicate et nécessite souvent une stratégie spécifique avec imagerie adaptée. Cancer : les D-dimères peuvent être élevés sans MTEV ; cependant, en cas de suspicion clinique, une exploration s’impose. Anticoagulants : certains traitements peuvent influencer légèrement le dosage, signalez-les systématiquement.

Conseils pratiques pour le patient

  • Si vous avez des signes d’alerte (essoufflement important, douleur thoracique sévère, évanouissement, hémoptysie, douleur et gonflement important d’une jambe), rendez-vous aux urgences sans attendre le résultat des D-dimères.
  • Apportez au médecin la liste de vos traitements, antécédents chirurgicaux, statut de grossesse et examens antérieurs.
  • En cas de D-dimères élevé sans signes d’urgence, prenez rapidement rendez-vous pour imagerie et bilan complémentaire.

En résumé, le dosage des D-dimères est un test utile pour exclure une thrombose lorsque la probabilité clinique est faible, mais un résultat élevé demande une interprétation contextualisée et souvent une imagerie complémentaire. La décision thérapeutique ne repose pas sur le D-dimère seul. Si vous êtes inquiet après un résultat élevé, contactez votre médecin ou les urgences selon la gravité des symptômes.

Foire aux questions

Pourquoi faire une analyse des D-dimères ?

En tant que médecin, je demande souvent un dosage des D-dimères pour vérifier si le corps a formé puis détruit un caillot sanguin. Un taux élevé signale la présence de produits de dégradation de la fibrine, ce qui oriente vers l’idée d’une thrombose, parfois une phlébite, parfois une embolie pulmonaire. Le test ne précise pas l’emplacement ni la cause du caillot, il indique l’existence d’un thrombus suivi de fibrinolyse. C’est un outil simple, peu coûteux, qui guide l’orientation diagnostique et la nécessité d’imageries. Consulter reste indispensable si les symptômes persistent.

Pourquoi faire du dimer ?

Après l’examen clinique, le test D-dimères est souvent proposé comme première étape quand la suspicion porte sur une MTEV. Cette stratégie est efficace en termes de coûts et de sécurité, elle permet d’exclure une MTEV chez trente à cinquante pourcent des patients non hospitalisés, évitant des examens lourds et une anticoagulation inutile. Bien sûr, un D-dimères élevé nécessite un bilan complémentaire et souvent une imagerie. Le test est donc un filtre pragmatique, rassurant quand il est bas, et déclencheur d’enquêtes supplémentaires quand il est élevé. En pratique, il aide à prioriser la prise en charge sans dramatiser, en restant lucide.

Que signifie un taux de D-dimère trop élevé ?

Une positivité des D-dimères signifie un niveau anormalement élevé de produits de dégradation de la fibrine, cela indique qu’il y a eu formation d’un caillot important puis sa dégradation, en langage médical on parle de thrombus suivi de fibrinolyse. Attention, ce marqueur ne précise ni l’emplacement ni la cause du caillot, il oriente toutefois vers des examens complémentaires comme un angioscanner ou une échographie selon la présentation. Le médecin interprète le taux en fonction du contexte clinique et des autres marqueurs, pour décider du meilleur suivi et traitement. Ne pas s’alarmer, parler au médecin et agir si symptômes inquiétants immédiatement

Quels sont les marqueurs d’une embolie pulmonaire ?

En cas de suspicion d’embolie pulmonaire, le médecin recherche plusieurs éléments cliniques et biologiques. Du point de vue clinique on inspecte les membres inférieurs à la recherche d’une enflure, d’une chaleur, d’un changement de coloration comme une zone bleutée ou rouge, ou des veines apparentes. Sur le plan biologique, le dosage des D-dimères est utile, il aide à trier les patients. D’autres signes doivent alerter, essoufflement, douleur thoracique, tachycardie, syncope. L’imagerie comme l’angioscanner thoracique confirme le diagnostic, ainsi que des examens complémentaires selon le contexte. Rassurer, expliquer et orienter rapidement reste essentiel pour la prise en charge adaptée sans délai.

A propos

Une bonne alimentation est l’une des clés d’une vie saine. Vous pouvez améliorer votre santé en gardant une alimentation équilibrée.

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